Tabaski, la fête du mouton (8 décembre 2008)

L'année dernière nous avions acheté le mouton à la dernière minute, mauvaise idée car les prix augmentent très vite. Donc cette année c'est quinze jours avant que l'achat a été fait, un beau mouton pour la modique somme de 45 000 CFA (70 euros). Problème, une fois acheté, si acheté trop tôt, il faut le garder, le nourrir et être sûr de ne pas se le faire voler !
C'est donc après la prière du matin que l'ancien de la cour a égorgé le mouton, qui avait été bien douché la veille en préparation du sacrifice. C'est les garçons de la cour qui s'occupent ensuite du dépeçage et de partager les morceaux. C'est un moment de solidarité, en effet, la viande de mouton est divisée en 1/3 pour les voisins, famille et le reste est consommé par la grande famille.
J'avoue que n'étant pas musulmane, athée, je ne comprenais pas trop pourquoi une somme pareille était dépensée, alors que 45 000 CFA peuvent permettre de nourrir la famille (qui dort parfois le ventre vide) durant deux mois.
Cela me mettait plutôt en colère, mais lorsque j'ai mis le pied dans la cour, en voyant tout le monde dans ses plus beaux habits, les étoiles de joie dans les yeux de la maman en voyant ses enfants, ses petits enfants, tous réunis et heureux de partager un bon repas, mon coeur s'est apaisé.
Pour les enfants c'est le même bonheur que le père noël ! Ils dansent, déambulent dans la rue avec leurs plus beaux habits pour crier sambé sambé ! Bonne fête ! Et par la même occasion récupérer quelques pièces ! Les enfants ont été joyeux ce jour là, ils ont mangé autre chose que du tô (une sorte de polenta à base de farine de mil ou maïs) une fois par an cela valait bien un sacrifice !